Arnaldur Indridason – La voix

Points, 400 pages.

Arnaldur Indridason - La voixVO : Röddin. Indridasson est la valeur sûre islandaise en matière de polar, et cette troisième œuvre des aventures du célèbre Erlendur tend à le rappeler. Point de départ : un meurtre dans un hôtel de haut standing. Point d’arrivée : un drame familial relativement original. Bien rythmé et d’une fluidité agréable, sombre et pessimiste au possible, c’est presque aussi déprimant qu’un dimanche en Angleterre.

Il était une fois…

Noël à Reykjavik, Un meurtre sordide est commis dans un hôtel luxueux envahi par les touristes. Aussi le commissaire Erlendur, dépêché sur les lieux, doit se montrer discret Avec son éternel inspecteur (le Sigurdur Oli) et assisté de la belle Elinborg (sérieusement, le traducteur ne pourrait pas franciser tous ces noms/prénoms nordiques ?), notre héros s’apprête à démêler plusieurs fils d’une trame historique qui remonte loin dans le passé.

Critique de La voix

Pour le troisième roman de l’écrivain islandais, on peut avouer qu’il ne perd pas la main. Je ne dirai pas que c’est sublime, mais presque. Un pur plaisir pour les fans du genre. Si l’histoire semble basique au début, lentement le héros tire des lignes complètes de vie brisées. Personne n’est aussi innocent qu’il semble l’être, et le voyage dans le passé est seul à expliquent le présent en exacerbant le sentiment d’injustice.

Sur le style, rien à redire : court, sec, pourtant le décor est admirablement planté. Tigre a cru sentir quelque chose d’encore plus sombre : il faut convenir que les journées sont très courtes à cette latitude et cela se ressent fortement chez les protagonistes du roman. Tristesse et désespoir sont les maîtres de ce bouquin. Si le mystère est résolu, ça n’empêche pas que Noël s’annonce plutôt pourri pour nos protagonistes.

En conclusion, un excellent roman qu’il ne faudrait pas lire dans le cadre d’un « read trip » de cet auteur : les intrigues sont très proches (enquête qui part dans tous les sens, fausses pistes, alternance présent avec le commissaire/passé lointain, etc.) et en lire plus de deux d’affilée pourra gaver plus d’un amateur de polars.

Thèmes abordés (du moins selon Le Tigre)

L’enfance brisée par la starification à outrance. L’histoire tourne autour d’une catégorie particulière du show-biz que sont les des enfants stars. Comment souvent chez l’écrivain islandais, le sujet semble maîtrisé : les craintes de ces jeunes prodiges, la déchéance presque inévitable, et le terrible retour à une vie plus mesurée. Peut-on réellement retourner dans la normalité la plus triviale ?  Si a déchéance et le retour à la normale Drogues, parents idiots.

En outre, cette configuration peu commune pour le gamin impacte sérieusement la manière dont les parents gèrent l’éducation de leurs chiards. Y’en a qui se débrouillent bien, toutefois dans notre cas il y a de jolis cas sociaux. Et cette parentalité particulière fait écho à celle du héros. C’est un peu le fil d’Ariane des aventures du commissaire, sa fille fragile prête à se refaire une cure de piquouses d’héroïne. Aussi la situation des victimes résonne dans l’esprit d’Erlendur qui fait montre de culpabilité vis-à-vis de ses gosses, ce qui est un frein (pour ne pas dire un mur) pour avoir des relations normales avec eux.

…à rapprocher de :

– Ai beaucoup lu d’Indridason, en voici trois qui sont très bien passés : La femme en Vert, L’homme du Lac ou La cité des Jarres.

– Dans les thrillers nordiques, je signale rapidement Gunnar Staalesen (La femme dans le frigo). Rapidement alors, parce que c’est pas terrible.

– Sinon, en polar U.S., les affres de la parentalité se retrouvent avec le bon Keith Ablow (exemple ici ou ).

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