Les textes du TigreLe Tigre a encore perdu un pari. J’avais dit être capable d’aller au salon du livre sans avoir des pulsions morbides. Or, après avoir vu la populace faire la queue trois heures pour entrer, j’ai aperçu les mêmes moutons attendre deux heures pour se faire dédicacer leur bouquin par Marc Levy. J’ai donc vu rouge. Mon gage ? Raconter une blague aussi fadasse que cet auteur.

Let’s run !

Dans la jungle malaisienne, un gentil gibbon (un singe, quoi) court entre les feuillages, le sourire aux lèvres. Un vrai marathonien.

Au bout de quelques minutes, le singe passe devant un gros panda en train de se rouler un joint maousse en vue de préparer son sieston. Le simien lui sort alors :

– Panda, mon copain, n’allume pas ce pétard, ça va inutilement te retourner le cerveau. Cours plutôt avec moi, on va te décrasser les poumons.

Le panda, pris par surprise et à défaut d’argumenter, accepte.

Les deux compères entreprennent donc leur footing lorsqu’ils passent devant un éléphant d’Asie qui achève de se préparer une copieuse galette de crack. Ni une ni deux, le singe va à sa rencontre :

– Éléphant, regarde toi, ne va pas fumer pareille saloperie, et rejoins-nous pour entretenir tes muscles. Viens t’éclater en faisant du sport.

Le pachyderme lâche sa drogue et consent à courir avec le panda et le gibbon. Ils ont fait à peine un kilomètre, primate en tête, qu’ils croisent un pélican amaigri en train de chauffer une cuillère d’héroïne.

Le singe, toujours aussi souriant (et transpirant), déclame à l’oiseau :

– Pélican, mon enfant, ne t’injecte pas cette merde dans les veines. C’est mal. Cours avec nous, tu te sentiras mieux.

Le piaf, après une minute de réflexion (ou de prise de conscience), abandonne sa seringue et court (ou vole, au choix) avec nos amis.

Lesquels aperçoivent, dix minutes plus tard, un tigre sur le point de déboucher un Château Pomerol 1996.

Le primate s’approche alors du noble animal et commence ;

– Tigre, mon petit, ne bois pas cette bout..VLAM

Le félin lui assène une mandale si puissante que le gibbon s’écroule, les membres tremblant.

Face aux regards horrifiés des autres animaux, le fauve s’explique :

– Désolé, mais ce singe commençait à me briser les burnes : il me force à cavaler dans la jungle à chaque fois qu’il est sous ecstasy.

[je reviendrai].

Catherine Millet - La Vie sexuelle de Catherine M. La tendre jeunesse de Catherine fut d’une rare sensualité, entre partouzes et rangées de bites soigneusement sucées. Le naturel avec lequel tout cela est livré est exceptionnel, Tigre s’en est difficilement remis. Superbe essai qui saura revigorer le plus peine à jouir des lecteurs, malgré quelques passages abstraits inutiles entre deux scènes de cul.

De quoi parle La Vie sexuelle de Catherine M., et comment ?

Catherine Millet, personnage fascinant qui exerce dans l’art contemporain, cachait plutôt bien son jeu. La coquine. Quel témoignage, je vous avoue avoir plus d’une fois ressenti comme un petit picotement…n’ayons pas peur des mots : quand j’ai lu cet ouvrage avant mes quinze ans, je bandais comme un âne à ne plus savoir en faire.

De ses dix-huit printemps (première expérience à plusieurs) à un âge plus avancé, Cathy (tu permets ?) nous conte l’étendue de ses aventures sexuelles. Son écriture, simple et sans fioriture, ne s’embarrasse pas de métaphores et appelle une chatte une chatte. Il ne s’agit pas non plus de dérouler uniquement le menu de ses exploits, disséminés au petit bonheur la chance (exit l’ordre chronologique) dans les quatre parties que composent l’ouvrage, savoir : Le nombre, Lʼespace, Lʼespace replié et Détails.

Pour ce qui est du nombre, on a arrêté de compter. Quant à la signification des autres parties, c’est un peu le souci de La Vie sexuelle… : le galimatias cherchant à intellectualiser la chose m’a semblé superflue, j’avoue même avoir survolé ses tentatives éthérées auxquelles je ne bitais (oh le jeu de mots lamentable) strictement rien. Le félin a mis ça sur le compte de l’exposante d’art contemporain dont une bonne partie du métier consiste à vendre du vent avec de jolis mots. Et Catherine M. se débrouille fort bien.

Tout ça pour ça. Cependant il convient de saluer une artiste qui se met à nu, il n’y a qu’à jeter un coup d’œil (et se le rincer au passage) à la couverture pour se dire que Catherine M. n’a que peu de limites. Se dévoiler autant, même par des mots, chapeau l’artiste. Certains mal avisés diront que c’est une salope, je penche plutôt pour une femme libérée, sans tabou, et qui a eu un succès considérable bien mérité.

Ce que Le Tigre a retenu

Alors quels sont mes modestes souvenirs ? Voyons voir… Serait-ce la manière dont l’auteure entreprend de classer les zizis par forme ? Ou alors le moment où, au beau milieu d’une orgie (putain, y’en a tellement dans Paname, mais où ??? Donnez-moi des adresses merde !), elle pisse tranquillou dans la baignoire jusqu’à ce qu’arrive un mâle rutilant prêt à resservir le couvert. A moins que ce ne soit sa première fois, avec deux amis lors de vacances dans le Sud. Non, la première chose qui me vient à l’esprit, c’est la balade dans le bois de Boulogne (Boubou pour les intimes) où Madame se donne devant de parfaits inconnus.

Ces menus plaisirs décrits appellent trois remarques. Premièrement, toute ceci est gentiment cochon, ça ne donne pas l’impression de gros gangbang crasseux avec triple péné à la clé. Deuxièmement, l’univers de l’héroïne est d’une surprenante douceur, ces messieurs se vidant une poignée de centilitres (pour les plus reconnaissants) en provenance de leurs glaouis avec une extrême courtoisie. Tout n’est que respect et attentions à l’égard des plaisirs de l’autre, c’est beau. Enfin, Dame Millet fait montre d’un certain détachement, on dirait une narratrice omnisciente qui peint un tableau qui n’est pas vraiment le sien. Une telle maturité dans la description surprend, j’étais à deux doigts (zut, encore une référence sexuelle) de la penser sujette à une légère forme d’autisme. Que voulez-vous, ces artistes…

…à rapprocher de :

– Les érotomanes en littérature marrante (et peu bandante), c’est Choke, de Chuck Palahniuk.

Enfin, si votre librairie est fermée, vous pouvez trouver cette biographie en ligne ici.

Will Self - Ainsi vivent les mortsVO : How the Dead Live. Une vieille juive qui clamse et se retrouve de l’autre côté, lequel n’est pas si différent du nôtre. En fait, il y a bien plus que cela dans ce roman complet, riche et parfois difficilement accessible. Parce que résumer un Will Self en moins de 1000 mots est extrêmement impoli, il convient que vous le lisiez vous même. 

Il était une fois…

[ne lisez pas les quatrièmes de couverture, c’est de la daube en boîte]

Lily Bloom est morte. En débarquant dans l’au-delà, elle était loin d’imaginer à quel point rien ne semble avoir changé (à part quelques bizarreries ici et là). Accompagnée par Phar Lap, guide aborigène australien à l’accent chantant, Lily prend connaissance des règles afférentes à sa « nouvelle » condition de macchabée, tout en se remémorant quelques moments importants de sa modeste existence – l’amour, la famille, l’Angleterre des années 50 aux années 90, bref la vie.

Critique de Ainsi vivent les morts

Je sais que je me répète, mais Will Self est définitivement un auteur à part. Du genre à me consterner avec ses verbiages à n’en plus finir où se cachent, régulièrement, des pépites de narration sorties d’on ne sait où. Du genre à laisser planer le doute sur les enjeux du roman, faire monter et descendre la pression. Du genre à vous perdre avec pléthore d’intervenants sauf qu’il n’existe qu’une demie-douzaine de protagonistes qui comptent, bref tenir le lecteur par le bout du nez. Car Will est un grand joueur.

Au premier rang de ces personnes, il y a évidemment Lily, Américaine (de confession juive, ça a sa petite importance) qui avale son bulletin de naissance à l’âge honorable de 65 berges. Trop de clopes. A partir de cet instant, l’auteur anglais imagine un statut post mortem qui n’a rien de bien folichon (cf. le premier thème). Non seulement la pauvre Mrs. Bloom est cantonnée dans un sombre appart’ mal placé dans Londres (avec des règles assez confuses concernant son statut), mais en plus elle continue à espionner les vivants qu’elle connaissait.

C’est là que le roman s’équilibre grâce à la relative omniprésence de la morte Lily, dont la narration alterne entre ses et ses souvenirs avec son époux (enfin ses amours) et ses deux filles. Charlotte, d’abord, une blondasse bien en chair qui, à l’aide de son époux, monte de plusieurs classes sociales et amasse une petite fortune. Natasha, à l’inverse, c’est la lose totale : droguée jusqu’à la moelle, Natty vadrouille de droite à gauche, entre méthadone et mauvais plans de junky. Les deux sœurs, d’apparence si différente (même dans le deuil), se rejoindront progressivement lorsqu’il sera question de maternité. Le verbe est immersif, très rapidement les lieux prennent forme.

Le style est presque inimitable, avec cette surprenante propension à passer du drôle au glauque en un clin d’œil. L’humour, ce sont ces remarques fines, déroutantes, parfois de mauvais goût (la politique en prend pour son grade) qui font l’effet d’embuscades littéraires. Jusqu’au dérangeant, en particulier les « esprits » qui hantent l’héroïne : un lithopédion (astucieusement nommé Lithy), les Graisses (reflet de ses régimes foirées), ou le fameux Rude Boy, petit chiard gueulant des propos racistes mais incarnant le jeune enfant aimé, hélas décédé à cause de sa mère. Sauf que le dégoût laisse rapidement place à la pitié, par exemple quand les fœtus décédés des filles Bloom viennent ramper autour de l’héroïne, ayant visiblement envie de pisser – à juste titre, car étant décédés noyés dans ce liquide. Du pur Self.

Comment terminer cette appréciation du roman ? C’est relativement difficile dans la mesure où, d’un côté j’ai cru lâcher le fil de l’histoire, pour (presque à ma surprise) le reprendre avec une déconcertante facilité. Mais, de l’autre côté, les bons mots et autres fulgurances d’imagination (et de drôlerie) sont omniprésents, un enchantement rendu possible grâce à une traduction loin d’être dégueulasse. Et c’est quand j’ai commencé à m’habituer à sa narration et à l’originalité de l’œuvre que celle-ci s’est achevée. Bordel de merde, je ne pensais pas que 500 pages, c’est peu.

Thèmes abordés (du moins selon Le Tigre)

Le sujet principal, bien évidemment, est la mort. Que se passe-t-il après cette épreuve ? Bah rien de bien folichon. Self ne révèle aucun grand secret seul tenus par les vrais bodhisattvas. Point du tout. La mort, c’est un univers apathique, morne et dont, semble-t-il, rien n’est à espérer. Pas vraiment un enfer, on peut fumer comme un pompier et la souffrance a disparu. Mais pas non plus le pied quand il faut recracher tout ce qu’on bouffe. Quant à la gestion de l’endroit, la Mortocratie est une parfaite administration dans toute son horreur : inutile, volontairement incompétente, Kafka ne se serait pas senti dépaysé.

Quelque part, Self nous démontre-t-il pas qu’il faut mieux préférer le néant à un au-delà à notre image ?

Personnellement, j’y ai vu une forme d’anti-roman d’apprentissage. Un texte où le soi-disant guide aborigène ne sert quasiment à rien, se contentant d’ânonner ses mystérieuses phrases qui, hélas, échappent à Lily. Et au lecteur, qui pourra seulement entrevoir le début d’une explication dans le dernier chapitre – lequel, s’il reste drôle, laisse comme un goût d’inachevé. Parallèlement, le voyage de Natasha en Australie dans le dernier tiers de l’œuvre (le rapport avec Phar Lap, le guide, n’est jamais loin) n’a rien d’une quête « structurante » comme on est en droit de l’attendre chez un écrivain « normal ». Il s’agit plutôt de fuite en avant, de tragique répétition d’erreurs de jeunesse qui ne font que repousser l’échéance mortelle – qui, pour une accro à l’héroïne, est étonnamment lointaine.

Tigre va terminer sur un antienne chez l’écrivain anglais, quelque chose qui le hante depuis longtemps et qui paraît plus terrible que la mort : la drogue. Faut dire que l’écrivain a un lourd passif en la matière, notamment l’héro. Et le personnage de Natasha, en lutte contre ce fléau, en devient naturellement réaliste. La poudre blanche n’obtient aucune complaisance, Self se pose en prêcheur (excessif ? je n’en suis pas certain) en pleine croisade qui touche du doigt la malédiction de tout drogué : outre le fait qu’ils ne peuvent être heureux, la prise du stupéfiant n’a pas pour but de planer, seulement se sentir normal. Appréciez un peu cette remarque en plein milieu de l’ouvrage : « elle avait sombré pour avoir trop navigué sous pavillon de complaisance en papier d’alu« . Superbe.

…à rapprocher de :

– Beaucoup de Will S. sur QLTL, faut dire que je le kiffe bien : Dr. Mukti ; Mon idée du plaisir ; Vice-versa (idéal pour commencer) ; The Sweet Smell of Psychosis ; No smoking ; Umbrella (décevant) ; La théorie quantitative de la démence (deux nouvelles OK, le reste bof).

– Autre auteur d’anticipation sociale qui s’est attelé à la vie après la mort, il y a Damned, de Chuck Palahniuk. Déception.

– A signaler le roman Ulysse, de Joyce, pour le nom du héros assez proche de notre héroïne (Leopold Bloom). Un quelconque rapport ?

Enfin, si votre librairie est fermée, vous pouvez trouver ce roman en ligne ici.

Hergé - Le Temple du SoleilSous-titre : Les aventures de Tintin et Milou. Parce que le sourdingue Tournesol est baladé jusqu’au fin fond de ce qui reste de l’Empire Inca, le journaliste affublé du soiffard capitaine (n’oublions pas le cabot et les Dupondt qui ne servent à rien) affrontera tous les dangers. Avec une éclipse pour couronner le tout, que demande le peuple ? Assez léger question scénar’, mais quelle aventure ! 

Il était une fois…

L’ami savant de nos héros est en mauvaise posture, kidnappé qu’il est à cause d’un foutu bracelet en or. Emmené en Amérique du Sud à bord du Pachacamac (pour la petite histoire, il s’agit d’un endroit au Pérou où se trouve le « vrai » Temple du Soleil), puis à dos de lama jusqu’à un endroit inconnu de la civilisation occidentale, Tryphon voit du pays. Tintin & Co sont à ses basques. Montagne, rocheuses, jungle, rien ne leur sera épargné.

Critique du Temple du Soleil

On se souvient tous du coup de l’éclipse qui sauve les miches (sur le point d’être rôties) de nos trois héros et demi – Milou ne compte pas vraiment. L’histoire, déjà passablement délirante, se transforme alors en grand n’importe nawak au cours duquel Tintin fait confiance à un reste de journal fripé au lieu de s’évader comme il l’a si souvent fait – d’ailleurs Haddock trouve la parade, mais un peu tard. Lequel capitaine, quelques jours auparavant, cavalait comme un lapin dans la neige en se transformant en gigantesque boule de neige. Hum.

Revenons à l’essence de cette BD qui reste l’aventure. Le voyage est total, le dépaysement ne l’est pas moins. Car les contrées visitées par les protagonistes sont diverses et variées, entre le froid des montagnes (l’alcool sauve le capitaine, c’est bien la première fois) et la jungle luxuriante où Tintin bute la moitié de la faune locale. Cet opus est d’autant plus complet que le lecteur sera pleinement immergé dans l’environnement local qui semble avoir été bien étudié par l’auteur.

Du point de vue du rythme, il faut convenir qu’Hergé a su trouver un correct équilibre entre des tableaux somptueux et d’autres passages nettement verbeux – disons qu’il faut cligner des yeux pour tout lire. Plus on avance dans la narration, plus les couleurs se font chatoyantes, que ce soient les atours (bien rendus) des Incas ou les milles merveilles de leur univers caché – et qui le restera, du moins si Tintin ne bave pas ses aventures dans son journal (après tout, c’est son métier).

Bref, dans la jeunesse féline cet album constituait un agréable rafraichissement qui donnait envie de se mettre en backpack pour faire un tour du monde – à mon niveau, ça consistait à vider les poubelles puis chercher les menthol et le ticket de loto de Grand-mère Tigre. Et cette histoire avec le petit Zorrino, auquel on peut si facilement s’identifier ! Un gosse ingénu et débrouillard malmené par les vilains adultes, qui par la suite sauve le héros grâce à une médaille en apparence anodine. Tellement touchant.

Thèmes abordés (du moins selon Le Tigre)

Hergé a mis à l’honneur deux éléments et parvient à les joindre dans une harmonie plutôt suave : d’une part, big up à la civilisation inca dans toute sa splendeur, que ce soient leurs coutumes/vêtements/bâtiments ou les savants mystères qui l’entourent. D’autre part, et accompagnant cette réussite culturelle, l’environnement naturel saura transporter le lecteur vers des sommets de félicité – j’exagère à peine : tout le monde se rappelle du blondinet utilisant un aigle royal (ou une autre saloperie volante) comme d’un parachute de fortune.

Toutefois, et sans doute cela ne devait choquer outre mesure à l’époque, les Incas (du moins leurs descendants) font montre d’une impressionnante naïveté. Sachant que les Incas du XVIème siècle se doutaient des tenants et aboutissants des éclipses, il est surprenant que, quelques siècles après, ce savoir est tombé dans l’oubli. C’est d’autant plus dommage que la peuplade semble accorder une certaine importance à la parole et à la transmission de l’expérience. En témoigne le personnage de Chiquito (qu’on découvre pour la première fois en tant que larbin du Général Alcazar) qui, malgré son incroyable difficulté à se faire discret (on le voit toutes les cinq cases), montre à nos héros que les Incas est un peuple de parole, et ce en dépit de la lourde menace qui se profile – à savoir l’avide Occident.

…à rapprocher de :

– Quelques Tintin sont à signaler sur le pétillant blog, par exemple Les Cigares du pharaon ; Le Lotus bleu ; L’île noire ou Le Sceptre d’Ottokar ; Les Sept Boules de cristal (par lesquelles il convient de commercer) ; Tintin au pays de l’or noir ; Les Bijoux de la Castafiore. Dans l’ordre s’il vous plaît.

– Si vous avez envie de rire un bon coup, je vous signale qu’un certain Belge (pas Hergé hein) a transgressé la légende de Tintin avec Tintin en Thaïlande (en lien, avec un pdf de la BD honnie).

Hugleikur Dagsson - DJ SetVO : idem. Lorsqu’un dessinateur à l’humour corrosif et déjanté décide d’illustrer, à sa façon, les titres de grands tubes de musique, y’a moyen que ça fasse mal. Très correct dans l’ensemble, hélas le rapport nombre de pages/prix m’a paru assez faible, sans compter que j’attendais quelque chose de plus grandiose. Tigre est exigeant, que voulez-vous. 

Il était une fois…

Rien que la couverture annonce la couleur (fort sombre au demeurant) :

« L’Islande est un pays glacial, triste, désolé.

À part boire et tuer des baleines, on peut aussi dessiner et écouter du rock.

Hugleikur Dagsson, lui, dessine sur le rock. Il espère que vous aimerez ses dessins.

Sans quoi, il recommencera à boire et à tuer des baleines. »

Critique de DJ Set

Second ouvrage du père Dagsson, et il faut dire que le sieur islandais parvient toujours à me faire doucement ricaner. Un artiste pur jus qui, outre la surprise du sujet traité, fait montre d’une régulière exemplarité dans l’humour noir, franchement que demander de plus ?

DJ Set, le titre, renvoie basiquement au principe suivant : prenez un titre de musique bien connu (My heart will go on ; Careless Whisper ; Oops! I did it again ; All that she wants etc.), peu importe que ce soit du rock, de la soul, de la pop guimauve ou de la dance, et joignez à ce titre une illustration terre-à-terre ou plus fine capable de créer une sorte d’hilarité malsaine. L’auteur, qui s’improvise DJ de troisième zone n’ayant guère grand chose à apporter question musicologie, se fait néanmoins plaisir (et le lecteur en prime) grâce à ses noires interprétations de grands morceaux de musique.

Pour ceux qui ne connaissent pas le Nordique, voilà comment le bouzin se présente : d’abord, il y a le titre, en VO, en toute simplicité. Y est associé un dessin, sur une page unique (voire deux pour Great balls of fire, et ça le justifie), qui tente d’illustrer ce dont peut bien parler le morceau de musique – à sa manière il est vrai. Et ces gribouillis, d’une rare simplicité, font plus d’une fois mouche. Car c’est là la force d’H.D. : ses productions consistent en des traits grossiers, basiques, franchement le félin (qui est une bite finie question dessin) pourrait faire de même avec une semaine d’entraînement. En revanche, pour ce qui est des dialogues, jamais je ne pourrais imaginer plus glauque.

Toutefois, et parce qu’il faut bien un point plus ou moins négatif, il faut savoir que ce menu ouvrage, qui affiche quand même ses cinq euros à la balance, possède moins de 70 pages. Cinq minutes de lecture à peine, je vous avoue avoir ressenti comme un picotement entre l’anus et la prostate. De la frustration surtout, rajouter quelques productions de l’auteur en sus n’auraient pas été de trop.

Thèmes abordés (du moins selon Le Tigre)

La première chose qui surprend est la façon dont l’artiste se joue (voire se fout) de la musique à l’aide d’un second degré plutôt plaisant. Pour tout vous dire, il est arrivé au félin de ne pas saisir, au premier abord, la blague sous-jacente. Qu’est-ce que je me suis senti con alors…jusqu’à la relecture libératrice,